Lors du CSE extraordinaire du 27 juin 2022, l’expert désigné à l’unanimité par les élus et syndicats, dont l’Ugict Axa IM, a rendu son rapport suite à l’enquête sur les conditions de travail chez Axa IM. Ce rapport est basé sur le questionnaire KARASEK auquel plus de 600 salariés de l’entreprise ont répondu, soit plus de 40% de la population éligible. Ce questionnaire a évalué trois dimensions de l’environnement psychosocial au travail chez Axa IM : la demande psychologique, la latitude décisionnelle, et le soutien social. Les conclusions du rapport sont accablantes …

La méthode KARASEK est internationalement reconnue comme le standard pour l’évaluation des conditions de travail vécues par les salariés

Le « jobstrain » ou « tension au travail » est la combinaison d’une faible latitude décisionnelle et d’une forte sollicitation professionnelle. Selon la publication de la DARES, « De nombreuses études épidémiologiques ont montré que le « jobstrain » était associé à un risque plus élevé de troubles cardiovasculaires, de troubles musculosquelettiques et de troubles dépressifs ».

Près d’un tiers de la population d’Axa IM est en situation de tension (« Jobstrain ») selon le modèle de KARASEK. D’autres salariés sont « passifs », c’est-à-dire en retrait par rapport à leurs tâches, à leur employeur, et/ou leurs collègues, indiquant que leur situation peut conduire à l’ennui, à la perte de compétences et au désintérêt pour le travail.

Parmi les salariés en tension, certains sont en situation d’Isostrain, c’est-à-dire qu’ils ne bénéficient pas d’un soutien suffisant de la part de leur entourage professionnel. Ils ne peuvent donc pas compenser collectivement, par l’entraide technique et relationnelle, les difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail. Cette population est certainement la plus à risque en matière de troubles psychosociaux.

  • Inquiétudes sur la sécurité de l’emploi chez Axa IM. Plus d’un quart des salariés d’Axa IM n’ont pas confiance dans les orientations stratégiques de la Direction, et environ un tiers des salariés vivent ou s’attendent à vivre un changement indésirable ou ressentent une menace pour leur emploi.
  • La définition et le périmètre des attributions des salariés chez Axa IM sont insatisfaisants. Plus de la moitié des salariés déclarent devoir souvent réaliser des tâches qui ne sont pas de leur responsabilité, et près d’un quart ne savent pas distinguer clairement ce qui est ou pas de leur responsabilité; 1 salarié sur 3 déclare ne pas disposer d’une description claire de ses tâches, et plus de 3 sur 5 déclarent que leur travail n’est pas effectué lorsqu’ils s’absentent et qu’ils le retrouvent en rentrant.
  • L’environnement de travail et les moyens techniques chez Axa IM ne sont pas entièrement satisfaisants. Plus d’un salarié sur 4 estiment que les outils métiers, le réseau internet à Majunga et l’outil de réservation des places ne fonctionnent pas correctement, et plus de la moitié sont dérangés par le bruit des collègues (téléphone, vidéoconférence).
  • Il y a un problème d’utilisation et de développement des compétences chez Axa IM. Près d’un tiers des salariés estiment ne pas bénéficier des formations dont ils auraient besoin pour la réalisation de leur travail, et plus de 3 sur 5 déclarent ne pas disposer du temps nécessaire pour se former sur leur temps de travail ; près d’un tiers estiment que leur séniorité et leur expérience ne sont pas valorisées au sein de l’entreprise ; plus d’un quart estiment devoir mettre en œuvre un degré d’expertise qui dépasse leurs compétences ; plus de 40% rencontrent des difficultés car leur travail devient plus complexe au fil du temps.
  • Il y un déficit d’autonomie et de marges de manœuvre par rapport aux difficultés et imprévus du travail chez Axa IM. Plus de 60% des salariés déclarent devoir faire face à des difficultés sur lesquelles ils n’ont pas de prise, et plus de 40% rencontrent des évènements imprévus qui les empêchent de mener à bien leur travail.
  • La charge de travail au sein d’Axa IM est excessive. Plus de 65% des salariés se déclarent noyés par la quantité d’informations reçues via les différents canaux (Teams, Workplace, One). Plus de la moitié estiment que la quantité de travail est excessive. 3 salariés sur 4 estiment qu’une erreur dans leur travail peut entrainer un préjudice important pour l’entreprise. Plus d’un tiers déclarent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur dans leur travail. Plus de 45% des salariés se sentent débordés par tout ce qu’ils ont à faire.
  • De même, le temps de travail est excessif, le rythme de travail trop soutenu. La moitié des salariés estiment ne pas disposer du temps nécessaire pour exécuter correctement leur travail. Plus des deux tiers déclarent terminer leur travail chez eux par manque de temps ou rester au travail au-delà de l’horaire normal. Près des trois-quarts déclarent travailler le soir tard ou le week-end. Plus de 45% déclarent travailler pendant leurs congés. Près de la moitié déclarent que leur charge de travail est telle qu’il leur arrive de ne pas prendre le temps de déjeuner.
  • Il y a un problème de reconnaissance du travail chez Axa IM. Près d’un tiers des salariés estiment que leur hiérarchie n’a pas conscience de la quantité de travail fourni. 4 salariés sur 10 estiment que leur salaire n’est pas satisfaisant. Plus de la moitié estiment que leurs perspectives de promotion ne sont pas satisfaisantes. Plus de 30% estiment ne pas recevoir le respect qu’ils méritent …
  • Le sens et l’intérêt du travail chez Axa IM ne sont pas à la hauteur des attentes. Près d’un tiers des salariés pensent que leur travail a perdu de l’intérêt au fil du temps, que leur travail ne cesse de se dégrader de « tout point de vue », et que leur travail n’a plus autant de sens qu’avant. Plus d’un quart des salariés ne se sentent pas motivés dans leur travail et estiment que les conditions dans lesquelles ils travaillent les empêchent d’effectuer un travail de qualité …
  • L’évaluation du travail chez Axa IM est clairement insatisfaisante. Près des trois-quarts des salariés estiment que les objectifs augmentent en permanence. Pour un quart des salariés, les objectifs fixés sont flous. Près de la moitié pensent que le dispositif d’évaluation ne permet pas de mesurer le travail réalisé réellement. Plus de 40% estiment que l’entretien professionnel n’est pas utile pour leur évolution professionnelle (formation, promotion). Près d’un tiers pensent que l’entretien d’évaluation annuelle n’est pas l’occasion d’échanger sur des problèmes en cours ou de trouver des solutions pour les résoudre, et que les points réguliers avec leur manager ne leur permettent pas d’anticiper les résultats de l’évaluation de fin d’année …
  • Le travail chez Axa IM est problématique quant aux exigences émotionnelles et à l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Près de la moitié des salariés estiment qu’ils doivent cacher leurs émotions ou faire semblant dans leur travail. 2 salariés sur 5 pensent que les contraintes professionnelles influencent négativement leur vie en dehors du travail, et estiment éprouver des difficultés à concilier les deux. Un quart estiment ne pas avoir les moyens de répondre convenablement aux besoins de leurs clients internes ou externes.
  • Dans de trop nombreux de cas, les relations des salariés d’Axa IM avec la hiérarchie ne sont pas bonnes. 1 salarié sur 5 estime que son supérieur ne réussit pas facilement à faire collaborer ses subordonnés. La même proportion ne se sent pas respectée par l’ensemble de sa hiérarchie. Entre 16% et 18% pensent ne pas être soutenus pas leur supérieur direct dans les situations difficiles, et/ou que leur supérieur ne se sent pas concerné par le bien-être de ses subordonnés.
  • Les relations avec les collègues sont parfois tendues. Pour plus d’un salarié sur dix, les collègues n’apportent pas de soutien dans les situations difficiles, et/ou ne leur manifestent pas d’intérêt.
  • Les relations collectives au travail chez Axa IM sont trop souvent stressantes. Près de 25% des salariés déclarent qu’il y a des conflits relationnels dans leur service et que ces conflits leur pèsent, que le fonctionnement de leur collectif de travail n’est pas performant (solidarités, coopérations) et crée de l’isolement …
  • Même si le principe du télétravail est grandement plébiscité par les salariés, les conditions de télétravail chez Axa IM sont insatisfaisantes. Près d’un tiers des salariés n’est pas satisfait de son espace de télétravail, ni de son installation à domicile. Plus de 80% déclarent travailler sur une amplitude horaire plus longue en télétravail.
  • Les tensions psychiques et physiques liées au travail chez Axa IM ont des effets néfastes sur la santé des salariés. Plus de la moitié des salariés ressentent « beaucoup de pression sur les épaules », et se déclarent « stressés du fait de leur travail ». Plus de 40% se sentent épuisés par leur travail, et/ou ont souvent envie de « tout plaquer » et de partir ailleurs, et/ou ressentent des douleurs au dos/cervicales liées à des postures contraignantes, et/ou ressentent des douleurs physiques (douleurs articulaires, mal à la tête, mal à la nuque, mal au ventre) dues à leur travail. Plus de 14% des salariées Femmes déclarent qu’il leur arrive de pleurer à cause du travail …

Ne restez pas isolé ! Contactez un représentant du Syndicat Ugict-CGT Axa IM :

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