L’Ugict-CGT est par principe toujours favorable au télétravail, car c’est bien évidemment une forme moderne d’activité qui permet, à ceux qui le souhaitent, d’améliorer grandement leur qualité de vie, mais… le télétravail ne doit pas se faire au rabais. Les sections syndicales majoritaires chez Axa IM, contrôlées par leurs appareils respectifs dans le Groupe, viennent d’annoncer qu’elles avaient signé avec la Direction un nouvel accord sur le télétravail. L’Ugict-CGT estime que c’est un très mauvais « accord », en réalité une simple proposition unilatérale de la Direction qui n’a pas été substantiellement modifiée après pas moins de 6 séances de « négociation ». De plus, les sections syndicales majoritaires qui ont validé cet accord n’ont rien « obtenu » de plus que ce que la Direction était de toute façon obligée de nous donner pour pouvoir libérer les étages réservés au GIE. C’est un « accord » qui fait supporter aux salariés les économies réalisées par l’employeur, soit environ 5,6 millions d’€ chaque année, dont seulement 20€ par mois seront reversés aux salariés au titre du télétravail. C’est également un « accord » qui ne donne aucun moyen matériel aux télétravailleurs. En effet, la revendication portée par l’Ugict-CGT pour la fourniture à domicile d’un package de matériel pour tout télétravailleur qui en ferait la demande (station d’accueil ou « docking station », moniteur PC, clavier, souris, siège ergonomique), a été rejetée par les signataires. Et c’est enfin un « accord » auquel tous les salariés doivent contribuer, en subissant obligatoirement les inconvénients du travail nomade (c’est-à-dire le “flexwork” ou, en novlangue, les “New Ways of Working”), mais dont le seul avantage – le télétravail – n’est pas ouvert à tous : le principe du « double volontariat », dont les sections syndicales majoritaires signataires font la publicité, est en réalité un blanc-seing donné à la Direction pour accepter, refuser, modifier, conditionner ou même pour supprimer à n’importe quel salarié la possibilité de télétravailler, et de le faire comme bon lui semble et de façon arbitraire. L’accord dont les signataires vantent autant les mérites au travers de leurs tracts n’a aucun intérêt autre qu’économique: il s’agit pour AXA IM de libérer de l’espace et de réduire les coûts au détriment des conditions et de la qualité de vie au travail des salariés. Le nouvel accord qui vient d’être signé ne s’applique même pas immédiatement. Il s’appliquera seulement « à l’issue de la crise sanitaire liée au Covid-19 et à l’alternance des équipes bleu/rouge », c’est-à-dire au plus tôt à compter de janvier 2021. Pourquoi alors s’empresser de signer un tel accord aujourd’hui ? Ce qui est paradoxal (mais c’est souvent comme cela, malheureusement), c’est que les sections syndicales majoritaires qui s’étaient ralliées à la position de l’Ugict-CGT au CSE du 23 septembre 2020 (il y a donc seulement deux semaines !) pour donner un avis unanimement défavorable à cet accord, sont les mêmes qui aujourd’hui apposent leurs signatures sur ledit accord! Les salariés ne seront pas dupes…

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